Vous cherchez à mieux présenter vos produits pour augmenter les ventes en magasin ? Pas de panique, c’est le rôle du merchandising.
Ce guide complet vous donne la définition, les techniques et 5 leviers concrets pour transformer votre point de vente.
Qu’est-ce que le merchandising ? La définition complète
Le merchandising, ou marchandisage, est l’ensemble des techniques marketing utilisées dans un point de vente pour optimiser la présentation des produits. Le but est simple : valoriser les marques et déclencher l’achat.
Ce concept est devenu central avec le développement du libre-service. Avant, un vendeur conseillait le client. Aujourd’hui, dans la plupart des commerces, le produit doit se vendre lui-même. C’est là que le merchandising intervient pour lui donner toutes ses chances.
L’Institut Français du Merchandising (IFM) en donne une définition précise :
« Le merchandising est un ensemble d’études et de techniques d’applications, mises en œuvre séparément ou conjointement par les distributeurs et les producteurs, en vue d’accroître la rentabilité du point de vente et l’écoulement des produits, par une adaptation permanente de l’assortiment aux besoins du marché et par la présentation appropriée des marchandises. »
Pour faire simple, le merchandising répond à 6 questions clés, souvent résumées par la règle des « 5B » de Charles Kepner. Pour qu’un produit se vende, il faut présenter :
- Le bon produit ? L’article que le consommateur recherche.
- Au bon endroit ? Un emplacement visible et logique dans le magasin.
- Au bon moment ? Quand le client en a besoin (saisonnalité, promotions).
- Au bon prix ? Un tarif psychologiquement acceptable pour la clientèle cible.
- Avec la bonne quantité ? Assez de stock pour éviter la rupture, mais pas trop pour éviter le surplus.
- Avec la bonne information ? Un prix clair, des caractéristiques visibles, des promotions bien expliquées.
Pour ceux qui viennent du web, on pourrait dire que le merchandising est l’équivalent de l’UX (expérience utilisateur) et de l’UI (interface utilisateur), mais appliqué à un commerce physique.
Quel est le rôle du merchandising et ses principaux objectifs ?
Le merchandising n’est pas juste de la décoration. C’est une fonction stratégique qui vise à concilier les intérêts parfois divergents du consommateur (trouver facilement ce qu’il cherche), du fournisseur (vendre ses produits) et du distributeur (rentabiliser son espace commercial).
Les objectifs principaux d’une bonne stratégie de merchandising sont multiples :
- Augmenter les ventes et la rentabilité globale du point de vente.
- Améliorer l’expérience client pour le fidéliser et le faire rester plus longtemps.
- Fluidifier le parcours d’achat en le rendant plus simple et agréable.
- Booster la visibilité des produits rentables, comme les best-sellers ou les articles à forte marge.
- Stimuler les ventes complémentaires (cross-merchandising) et les achats d’impulsion.
- Valoriser les temps forts commerciaux, comme les promotions, les lancements de produits ou les fêtes de fin d’année.
- Augmenter la rentabilité au mètre carré, un indicateur clé pour tout commerce physique.
Chaque décision, de l’emplacement d’un produit en rayon à l’éclairage du magasin, doit répondre à au moins un de ces objectifs.
Les 3 grands types de merchandising à maîtriser
On peut diviser le merchandising en trois grandes catégories complémentaires. Pour être efficace, une stratégie doit travailler sur ces trois aspects en même temps. Il y a l’organisation, la gestion et la séduction.
1. Le merchandising d’organisation : structurer le parcours d’achat
C’est la base de tout. Le merchandising d’organisation consiste à structurer l’espace de vente de manière logique pour le client. Le but est qu’il trouve facilement ce qu’il est venu chercher, et qu’il découvre au passage d’autres produits.
Les actions concrètes du merchandising d’organisation sont :
- Classer les produits par univers (ex: petit-déjeuner), par type (ex: les pâtes) ou par usage (ex: les produits d’entretien).
- Créer un parcours client logique qui guide le consommateur à travers les différents rayons sans qu’il ait l’impression de tourner en rond.
- Identifier les zones chaudes et les zones froides. Une zone chaude est un lieu de fort passage (entrée, allée centrale, caisses). Une zone froide est un endroit moins fréquenté (fond du magasin, coins). L’enjeu est de rentabiliser ces zones froides.
- Mettre en place une signalétique claire pour guider les clients (panneaux de catégories, flèches directionnelles).
2. Le merchandising de gestion : optimiser la rentabilité
Le merchandising de gestion est l’approche analytique. Il s’appuie sur les données de ventes et de stocks pour prendre les meilleures décisions. L’objectif est de s’assurer que chaque centimètre du magasin est utilisé de la manière la plus rentable possible.
Voici les actions principales :
- Attribuer l’espace en rayon (linéaire) en fonction de la performance de chaque produit. Un produit qui se vend bien aura plus de place qu’un produit qui se vend peu.
- Gérer les niveaux de stock pour éviter les ruptures (le client ne trouve pas son produit et est frustré) et le surplus (l’invendu coûte de l’argent).
- Adapter l’assortiment à la saisonnalité. On ne met pas en avant les mêmes produits en été et en hiver.
- Analyser la performance pour optimiser le choix des produits proposés à la clientèle.
Les indicateurs de performance à suivre
Pour mesurer l’efficacité de la gestion, on utilise des indicateurs comme :
- L’ISCA (Indice de Sensibilité au Chiffre d’Affaires) : compare la part d’un produit dans le chiffre d’affaires à la place qu’il occupe en rayon.
- L’ISMB (Indice de Sensibilité à la Marge Brute) : fait la même comparaison avec la marge générée.
- L’ISVOL (Indice de Sensibilité de Volume) : compare la part des ventes en volume à l’espace occupé.
Ces chiffres aident à décider si un produit mérite plus ou moins de place.
3. Le merchandising de séduction : créer l’expérience et le coup de cœur
C’est la partie la plus visible et créative du merchandising. Le but est de créer une ambiance, une expérience, et de déclencher l’achat d’impulsion. On parle souvent de « théâtralisation de l’offre » : on met en scène les produits pour donner envie.
Les leviers du merchandising de séduction sont :
- Le marketing sensoriel : on fait appel aux cinq sens du client avec un éclairage soigné, une musique d’ambiance, un parfum diffusé, la possibilité de toucher les produits, voire de les goûter.
- Le mobilier : le choix des étagères, des présentoirs (gondoles, portants, bacs) et des comptoirs influence la perception de la qualité de l’offre.
- La Publicité sur le Lieu de Vente (PLV) : tous les supports qui poussent un produit ou une promotion (affiches, stop-rayons, écrans).
- La mise en scène des produits, notamment dans la vitrine ou en tête de gondole.
Comment mettre en place une stratégie de merchandising efficace ? 5 leviers clés
Passer de la théorie à la pratique demande de se concentrer sur quelques actions à fort impact. Voici 5 leviers essentiels pour améliorer le merchandising de votre point de vente.
1. Soigner la vitrine : votre premier outil de séduction
La vitrine est le premier point de contact entre votre commerce et le client. Elle doit capter l’attention en quelques secondes et donner envie d’entrer. Une vitrine négligée, c’est une porte fermée.
Quelques bonnes pratiques pour une vitrine réussie :
- Avoir un thème visuel clair : ne dispersez pas le message. Concentrez-vous sur une idée (Noël, la rentrée, une nouvelle collection).
- Changer la vitrine régulièrement (au moins toutes les 3-4 semaines) pour susciter la curiosité des passants réguliers.
- Mettre en avant les best-sellers ou les nouveautés pour montrer que votre offre est attractive.
- Respecter la règle des 3 couleurs maximum pour une bonne harmonie visuelle.
- Placer le produit principal au centre, légèrement à droite, et à hauteur des yeux (entre 1,20m et 1,50m).
- Utiliser des stickers (vitrophanies) pour communiquer sur des promotions ou des services clés.
2. Optimiser l’agencement du magasin et le parcours client
Une fois le client à l’intérieur, il faut le guider. L’agencement du magasin doit être pensé pour créer un sens de circulation naturel, souvent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.
Pour optimiser l’espace :
- Placez les produits à forte marge à hauteur des yeux et des mains. Des études montrent que cela peut augmenter leurs ventes de 35%. Les produits moins chers ou les MDD peuvent être placés en bas ou en haut des rayons.
- Positionnez les produits d’appel (ceux que les gens viennent chercher spécifiquement, comme le pain ou le lait) au fond du magasin. Cela force le client à traverser d’autres rayons et augmente les chances de ventes additionnelles.
- Utilisez la zone des caisses pour les achats d’impulsion. C’est l’endroit parfait pour les petits produits pas chers : sucreries, magazines, accessoires, piles.
3. Utiliser la PLV et l’ILV pour guider et convaincre
Il faut bien distinguer la PLV de l’ILV. Elles n’ont pas le même rôle mais sont toutes les deux indispensables pour orienter et informer le consommateur.
- La PLV (Publicité sur Lieu de Vente) a un objectif promotionnel. Elle pousse à l’achat. Exemples : un stop-rayon « -50% », une affiche « Nouveau », un sticker de caisse proposant un service comme le paiement fractionné (type Alma) ou informant des moyens de paiement acceptés (Visa, MasterCard).
- L’ILV (Information sur Lieu de Vente) a un objectif informationnel. Elle guide le client. Exemples : un panneau « Toilettes », une flèche « Accueil », une pancarte « Fruits & Légumes ».
Ces supports doivent être clairs, lisibles et bien placés pour ne pas surcharger visuellement l’espace. Les supports les plus courants sont les kakemonos, les affiches, les chevalets et les présentoirs de comptoir.
4. Définir un assortiment de produits pertinent
L’assortiment, c’est la sélection de produits que vous proposez à la vente. Il doit être cohérent avec l’image de votre marque et les attentes de votre clientèle. Vendre des produits de luxe à côté de produits premier prix peut créer de la confusion.
Pour un bon assortiment :
- Trouvez le bon équilibre entre les marques nationales (qui rassurent), les marques de distributeur (MDD, pour le rapport qualité/prix) et les produits premiers prix.
- Gérez la saisonnalité : anticipez les demandes liées aux saisons (crème solaire en été, chocolats à Pâques).
- Testez de nouvelles références en petites quantités pour voir si elles trouvent leur public avant de leur accorder plus de place.
Un assortiment bien pensé permet de répondre aux besoins de chaque client tout en optimisant la rentabilité.
5. Créer une ambiance mémorable grâce au marketing sensoriel
Le marketing sensoriel vise à solliciter les cinq sens du client pour créer une ambiance agréable qui favorise l’achat et la fidélisation. C’est ce qui transforme une simple visite en une véritable expérience.
Quelques pistes à explorer :
- La vue : un éclairage qui met en valeur les produits sans éblouir, des couleurs harmonieuses, un magasin propre et bien rangé.
- L’ouïe : une musique d’ambiance adaptée à votre cible. Le silence peut être angoissant, et une musique trop forte ou mal choisie peut faire fuir.
- L’odorat : un parfum signature discret ou une odeur en lien avec vos produits (l’odeur du pain chaud dans une boulangerie, de l’encens dans un magasin de décoration).
- Le toucher : permettre aux clients de manipuler les produits (tissus, appareils électroniques).
- Le goût : proposer des dégustations pour les commerces alimentaires.
Enfin, n’oubliez pas la température du magasin. Un lieu surchauffé en hiver ou non climatisé en été est très inconfortable et pousse les clients à partir vite.
Les outils indispensables du merchandiser
Pour mettre en place une stratégie de merchandising efficace, il faut s’équiper. Les outils peuvent être logiciels, matériels ou humains.
Les outils logiciels
L’analyse des données est au cœur du merchandising de gestion. Plusieurs types de logiciels sont utiles :
- Logiciels de CRM (Customer Relationship Management) pour mieux connaître les habitudes d’achat de sa clientèle.
- Logiciels de gestion des stocks pour suivre les ventes en temps réel et anticiper les ruptures.
- Logiciels d’aménagement intérieur (parfois en 3D) pour simuler des agencements de rayons.
- Logiciels de création graphique pour concevoir la PLV et l’ILV.
Les supports matériels et digitaux
Ce sont les outils physiques qui donnent vie à la stratégie dans le point de vente :
- La PLV : comptoirs, kakemonos, stop-rayons, affiches, présentoirs en carton, etc.
- Le mobilier : gondoles, portants, bacs, étagères, adaptés au type de produit.
- Les équipements interactifs : bornes de commande, tablettes pour consulter un catalogue ou des avis clients, écrans diffusant des promotions.
L’expertise humaine : le métier de merchandiser
Enfin, l’outil le plus important est souvent l’humain. Le merchandiser est un professionnel du marketing et de la vente qui possède plusieurs compétences. Il est à la fois :
- Analyste : il sait lire les chiffres de vente pour prendre des décisions.
- Créatif : il imagine des mises en scène de produits et des ambiances de magasin.
- Technique : il connaît les contraintes logistiques et sait comment agencer un espace commercial.
Le merchandising n’est pas juste de la décoration de magasin. C’est une discipline qui mélange l’analyse des données de vente (la science) et la créativité pour séduire le client (l’art). Bien maîtrisé, c’est l’un des leviers les plus puissants pour la performance de votre point de vente.
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